Protéines: quelle stratégie ?

Le terme protéine vient du grec "prôtos"signifiant premier ou essentiel. Les protéines sont effectivement indispensables à la vie, étant composées d'acides aminés essentiels, que notre corps est incapable de synthétiser.

En occident, nos besoins en protéines sont facilement couverts par la viande, le poisson, les oeufs, les produits laitiers. Les végétaliens doivent par contre être extrêmement attentifs à leur alimentation pour réussir à couvrir leurs besoins, ce qu'il peuvent faire en consommant régulièrement des légumineuses. C'est le même problème pour les pays les plus pauvres de la planète, qui n'ont pas toujours accès aux produits carnés. Le régime de ces population s'est adapté aux contraintes climatiques, sociales, économiques en incluant des animaux que nous ne mangeons jamais chez nous, comme les insectes, qui sont une excellente source de protéines. Les chinois sont connus pour avoir une palette extrêmement large d'apports protidiques, pas forcément pour des motifs économiques mais bien culturels; chat, chien, singe, serpent, scorpion...tout peut se retrouver dans une assiette !

A mon avis, la question des sources de protéines est avant tout un problème éthique et environnemental. On ne peut pas remettre en question l'intérêt nutritionnel de la viande, qui ne contient pas que des protéines d'excellente qualité, mais du fer, du zinc, du collagène et de nombreuses vitamines. Il est aussi vrai qu'un excès de protéines a un effet acidifiant, et fatigue la fonction rénale. Mais comme toujours en nutrition, c'est la dose qui fait le poison.

 Le problème est éthique, car les conditions d'élevage du bétail sont le plus souvent irrespectueuses des animaux, les contraintes économiques ayant la priorité. Je ne me prononce pas sur l'aspect moral ou religieux de savoir si on a le droit de manger des animaux, ou certains animaux seulement, mais je pense que si on donne aux animaux des conditions d'élevage et d'abattage plus dignes (espace vital, nourriture adaptée et plus naturelle, moins d'antibiotiques, d'hormones...) on répond déjà à la question éthique, en plus d'améliorer sensiblement la qualité nutritionnelle de la viande.

Les farines animales données en nourriture à des herbivores est aussi une hérésie, et le scandale de la vache folle nous a rappelé que l'on ne pouvait pas transformer la Nature sans danger. Il faut quand même savoir que l'on continue à donner ces farines aux porcs, et que la plupart des bovins reçoivent du soja ou du maïs OGM !

Le problème est aussi environnemental, car nous ne sommes plus à l'époque préhistorique et notre planète compte plus de 8 milliards d'habitants. Si tout le monde voulait manger autant de viande qu'en occident, cela serait tout simplement impossible sur le plan du développement durable (merci aux végétariens!). La production d'un seul kilo de viande nécessite la surface agricole utilisée pour produire 8 kg de céréales, et beaucoup plus d'eau. Les bovins constituent également une source importante de pollution (excréments, méthane...).

La viande est-elle cancérigène ?

La viande, les poissons, les oeufs, les produits laitiers ne sont pas mauvais en soi, mais peuvent l'être avec les conditions d'élevage industriel. Les producteurs de volaille se vantent de nourrir leurs animaux exclusivement au maïs; une poule ne devrait même pas manger de maïs, mais picorer des asticots, ou des graines ! Le lait que nous buvons aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui que l'on avait il y a un siècle: à l'époque les vaches donnaient environ 10 litres de lait par jour, maintenant on atteint 50 litres! Comment croyez-vous que cela est possible ?

Toutes sortes de polluants industriels peuvent également contaminer la viande, et surtout les poissons, car tous ces produits finissent dans les océans (mercure, PCB, dioxine...).

Les techniques modernes de fumage ont par contre fortement diminué la concentration de produits toxiques (HAP) Le progrès est parfois positif !

Les BBQ verticaux réduisent la production de HAP

Le second problème est en relation avec la cuisson. La chaleur nécessaire pour griller une viande ou un poisson produit des composés toxiques (hydrocarbures) dont l'action cancérogène a été bien démontré, et des AGE qui accélèrent le vieillissement. Il faut être particulièrement attentif avec les barbecues, et d'une manière générale préféré la viande bouillie, les oeufs à la coque ou le poisson poché.

Les produits transformé (saucisses, charcuterie...) contiennent eux des additifs (nitrates, conservateurs....) qui peuvent eux aussi favoriser l'apparition d'un cancer. Les nitrates peuvent se transformer en nitrosamines, qui sont les vrais déclencheurs. Cette transformation ne se produit pas en présence de vitamine C; si vous accompagnez votre saucisse d'une salade assaisonnée au citron, vous diminuez fortement cette probabilité.

Les agents cancerigènes sont partout dans notre environnement: comme il est impossible de les éviter, la meilleure stratégie est de fournir à notre organisme des agents protecteurs, qui vont s'opposer au développement de la tumeur. Ils peuvent provenir de différentes sources végétales, comme le brocoli, le thé vert ou le curcuma. Le taux de vitamine D et le bon fonctionnement du système hormonal est également déterminant.

Précisons encore qu'un excès de protéines va augmenter le taux d'IGF-1, un facteur de croissance qui est impliqué dans la formation des tumeurs cancéreuses; ce qui implique qu'un excès de viande peut effectivement être cancérigène, mais un excès de fromage aussi !

En résumé, on ne peut pas recommander sans restrictions un régime paléolithique, cette époque est révolue. Si les produits animaux apportent sans conteste un plus à notre alimentation, un excès sera préjudiciable, autant pour la santé que pour l'écologie.

Si notre société n'a pas les moyens d'élever du bétail dans des conditions décentes, alors mangeons des insectes !